Quelles étaient les relations entre les Hittites et les Assyriens ?

Carte illustrant l'extension de l'Assyrie vers l'Ouest. Face à elle, des royaumes syriens et hittites coalisés, destinés à mettre en échec la machine de guerre assyrienne.

Lorsque les égyptiens et les hittites s’étaient affrontés lors de la bataille de Qadesh (la date choisie étant 1274 av.JC), les assyriens ne se situaient pas encore au centre des attentions. Assur était préoccupée de délier ses mains de la suzeraineté des hourrites et le puissant royaume du Mitanni. Cette dernière connaissait des troubles politiques qui furent suffisamment importantes pour que l’indépendance soit rétablie, et que renaisse des contacts diplomatiques avec l’Egypte. 

 

Toutefois, près de quarante années avant cette célèbre bataille, l’Assyrie émergea très vite comme une puissance d’importance, voire même de premier plan. Le Mitanni se disloqua et les montagnards du Zagros ont été écartés. L’Assyrie se tourna ensuite vers la Babylonie en menaçant sa prospérité par l’interruption des routes commerciales. Pour cela, le nouveau roi assyrien Adad Nârâri Ier devait battre les élamites.

 

L’ascension de l’Assyrie commença à être sérieuse pour qu’elle s’attire sur elle une coalition de plusieurs nations alentours, à laquelle se joignirent des souverains les hittites : ces derniers représenteront plus tard les derniers vestiges d’un empire disparu. Cette coalition était fomentée par un certain Ehli-Teshub. Mais inefficace, l’armée assyrienne met en échec la coalition dans une région près du Tigre. Durant cette campagne, des milliers de soldats hattis ont été faits prisonniers par le souverain  Tukulti Ninurta : c’était la bataille de Nihiriya.

 

Cet événement fut assez choquant pour que la région de Syrie soit mise sous verrou commercialement parlant afin que l’Assyrie ne puisse en bénéficier : nous sommes à la fin du XIIIe siècle av JC, mais cette époque ne semble pas être marqué par de grands affrontements entre ces deux puissances. Le XIIe siècle allait être marquée par l’effondrement progressif de l’ancien ordre commercial par un mal inconnu. Après avoir saccagé la ville de Troie, Mycènes allait, à son tour, connaître une désagrégation, que les scientifiques actuels semblent favoriser l’hypothèse des « peuples de la mer ».  Peu après, c’est l’empire hittite qui allait être emportée. De ses entrailles naîtra la Phrygie, tandis que les petits royaumes alentours retrouveront une certaine indépendance.

 

Cependant, des royaumes néo-hittites subsisteront en Syrie. Les scientifiques appellent ces royaumes : « syro-hittites ».

 

L’Assyrie (y compris l’Egypte) résistera à cette désagrégation et s’affichera comme la principale puissance de la région encore stable. Durant ce temps, les souverains assyriens successifs seront occupés à mater des révoltes tout en donnant un élan d’expansion territorial dans les territoires alentours. A ce moment, nul ne pouvait résister à l’armée assyrienne. En Anatolie de l’Est, l’empire hittite laissera sa place en voyant émerger le puissant royaume d’Ourartou qui s’avérera être un adversaire redoutable durant plusieurs siècles.

 

Conflits permanents.

 

Au Ixe siècle, Lorsque Ninive décida de s’étendre vers les régions occidentales, c’est-à-dire les régions de l’Ouest bordés par la mer Méditerranée,  plusieurs coalitions anti-syriennes verront le jour.

 

Vers 853 av JC, Salmanazar verra apparaître (en territoire syrien) douze rois du Hatti, s’alliant avec Adad-Hidri de Damas (le Hadazézer syrien des écritures hébraïques) et Irhuleni du Hamat : c’est la bataille de Qarqâr et victoire assyrienne qui, selon les scientifiques, ne permit pourtant pas d’être exploitée : les troupes assyriennes ne purent progresser ni saisir le moindre tribut en guise de butin de guerre, tandis que la coalition n’est pas brisée.

 

Salmanazar décidera de reprendre l’offensive les années ultérieures mais échouera à plusieurs reprises, en dépit de la réunion d’une foule s’échelonnant à 120.000 soldats.

 

Les années ultérieures témoigneront de l’omniprésence des assyriens tant dans les territoires de Palestine qu’en Syrie. Samarie sera prise et dévastée. Durant ce temps, les témoignages d’époque ne parleront plus vraiment des hittites. Faut dire que dans ces royaumes naîtront probablement une certaine forme de bilinguisme, attestée dans des tablettes retrouvées dans les régions de Karkémish et d’Arslantepe. D’après les scientifiques Richard Hawkins et John David, plusieurs tablettes hittites contenaient des versions en phénicien, akkadien, louvite et araméen.

 

En Canaan, les hittites, jouissant de leurs biens, seront pour la plupart, fidèles au royaume d’Israël et, ultérieurement, au royaume de Juda. Des mariages mixtes y seront nombreux. Des hittites figureront également parmi les armées assyriennes.

 

La période entre 743 et 738 av JC verra se renouveler l’intérêt de la conquête de l’ouest syrien. Une nouvelle coalition syro-urartéenne rassemblera les petits états hattis dirigés par Sulumal de Melid et Tarhu-Lara de de Gurgum. Melid (Kammanu) pourrait être le site d’Arslantepe. L’état de Kummuhu se joindra également. C’est un nouvel échec des coalisés. Tiglath Phalazar se ventera en ces termes :  » je les ai affronté, je les ai battues, j’ai saisi leur camp et ils se sont enfuis pour avoir la vie sauve ».

 

Victoire significative, car cela aurait permis à d’autres souverains de réfléchir à deux fois avant de se révolter à leur tour, préférant renouveler leur acte d’allégeance et payer tribu. Les hittites (que les assyriens appellent « Hattis » s’effacèrent peu à peu dans l’oubli de l’Histoire, mais seront encore mentionnés dans les annales ultérieures, et ce, même peu avant la dislocation subite du puissant empire assyrien.

 

Les souverains ultérieures, tel Sargon II et Sennachérib mèneront également campagne contre les chefs hattis locaux, comme à Karkémish, haut lieu stratégique.

 

Assarhadon mentionnera la présence de hittites (en 679 av JC) dans les montagnes ciliciennes, si bien que celui-ci mentionnera en ces termes très méprisants, tout en mentionnant des prises de guerre chez les ourartéens. 

 

L’Assyrie disparaîtra peu après, détruite sous les coups des incessantes révoltes et de la coalition mède et babylonienne, clôturant ainsi des siècles d’affrontement entre un impérialisme assyrien implacable, et une ténacité de divers chefs hittites à maintenir les vestiges de leur passé glorieux.

 

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